jeudi, 3 décembre 2020|

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La flûte enchantée

Les élèves de CAP Vêtement Flou et de Bac Pro Métiers de la Mode sont engagés depuis deux ans dans la création et la réalisation de costumes pour la Fabrique Opéra Val de Loire. Cette association monte des opéras collaboratifs en associant des artistes professionnels (musiciens, chanteurs, metteur en scène, techniciens) et des lycéens et apprentis travaillant à la création des décors, des costumes, des coiffures et des maquillages, mais aussi sur la communication et l’événementiel autour du projet. Des élèves de première et terminale MM ont fait le point sur cette expérience. Elles nous ont révélé l’envers du décor, quelques secrets de coulisses et même quelque secret d’alcôve. Alors, si vous voulez savoir, qui chante dans les toilettes ou qui a vomi sur la robe de Pamina, lisez la suite !

Premières ou terminales, elles sont toutes d’accord : La fabrique opéra c’est une grande opportunité d’acquérir de l’expérience. Cette année, elles ont trouvé le travail était moins stressant et plus créatif. Moins stressant parce qu’il y avait beaucoup moins de costumes à réaliser et aussi parce que c’était la deuxième année, que l’équipe se connaissait déjà et avait repéré quelques erreurs à ne pas commettre.

Les costumes des solistes

Si Carolina, élève de terminale a préféré le travail cette année, c’est parce qu’il y avait plus de couleurs dans les costumes, qu’ils étaient plus compliqués, plus grandioses et qu’il y avait plus de recherches à faire. « Pour Carmen, on était seulement en première, et on ne s’est occupé que des choristes. C’était un peu simple et répétitif ; mais pour La flûte enchantée, c’est nous qui avons été chargées de dessiner les costumes des solistes, de choisir les tissus et les couleurs. Moi, j’ai travaillé sur le costume de Tamino : une chemise, une veste et un pantalon assez simple, mais je l’aime bien parce que j’y ai passé du temps. Marie-Catherine Hirigoyen, la costumière s’est bien mise à notre niveau. Elle venait très souvent et s’asseyait avec nous sur les machines. On travaillait vraiment en équipe avec elle ; elle a vraiment travaillé sur les costumes. De leur côté, Naré et Lucie ont travaillé sur le costume de la reine de la nuit. Leur tâche a été compliquée par la grossesse de la chanteuse ; elles ont dû attendre qu’elle accouche pour faire la robe. Elle avait pris ses mesures elle-même et au moment des essayages, la robe s’est avérée trop grande et il a fallu l’ajuster à la dernière minute. Mais une fois sur scène, le costume rendait mieux qu’en atelier où Naré trouvait que le tissu faisait trop déguisement de princesse pour petite fille. « Sous les projecteurs, avec sa superbe coiffure en LED et son voile, ça rendait très bien » même si de loin on ne voyait pas toutes les perles cousues une à une.

Les relations avec les artistes

D’après les élèves de premières, Clément Joubert et Jean-Claude Cotillard ont été très abordables. Justine et Lucy expliquent qu’ils les encourageaient et leur donnaient envie de travailler en leur faisaient souvent des compliments et en leur posant des questions sur leur travail. L’année dernière, quand elles étaient en seconde, elles ne les avaient pas beaucoup vus. Mais, cette année, pendant un moment, elles ont vu Clément Joubert presque toutes les semaines. Il faut dire qu’il n’hésite pas à mouiller sa chemise au propre comme au figuré pour défendre son projet. Il aurait même été vu au rayon poissonnerie d’un supermarché en train d’en faire la promotion. Léa était peu emballée à l’idée d’assister à un opéra ; ses camarades lui ont donc demandé si elle avait finalement changé d’avis. « Non seulement Clément Joubert a réussi à me faire changer d’avis au sujet de l’opéra, mais en plus, ma mère, il l’a complètement retournée. L’année dernière, elle ne voulait pas du tout venir ; cette année, elle a accepté, et en sortant du Zénith, elle a dit : « Bon, je suis prête pour l’année prochaine ! » Elle n’arrête pas d’appeler ses copines et de leur dire qu’elle est allée à l’opéra, que c’était super , qu’elle s’est trop amusée... » « Les relations avec les chanteurs étaient très simples. On se sentait sur un pied d’égalité. » Certains, comme Estelle Micheau, l’interprète de Pamina, ou Quentin Délépine, le bras droit de Jean-Claude Cotillard pour la mise en scène, qui a assumé le rôle de l’orateur dans La flûte enchantée, faisaient déjà partie de la troupe de Carmen. C’était donc facile de les retrouver ; mais, avec les nouveaux, ça c’est très bien passé aussi. Léa a pu constater que Fabrice Alibert, qui jouait l’oiseleur, était dans son rôle même en dehors de la scène. Le jour des prises de mesures, elle l’a accompagné à la machine à café et lui a demandé qui il jouait. Il a répondu en entonnant le fameux « Pa pa pa pa guena, Pa pa pa gueno » ; et quand plus tard, les solistes sont revenus pour les retouches, on l’a entendu chanter jusque dans les toilettes ! Stacy, a été très touchée par l’une des choristes : « c’était la plus forte et au moment des essayages, son costume était trop petit. Donc, on l’a repris et elle n’a pas arrêté de nous remercier et, quand elle était sur scène, elle nous faisait des sourires. Depuis, à chaque fois qu’elle me voit, elle me fait un câlin. »

L’invité surprise

La mise en scène de La flûte enchantée leur a paru plus “marrante” et elles pensent que le public va se souvenir surtout de Papagueno et Papaguena. Elles ont adoré la scène où on présente le bébé de la soliste qui interprétait la reine de la nuit en le faisant passer pour celui du jeune couple. « Ils ont été rapides. Ils sont vite allés dans la boîte “faire crac-crac boum-boum”, et, quelques minutes après, ils ont eu leur bébé. » Lors de l’une des représentations, le nourrisson a rejeté du lait sur Papaguena qui a dû nettoyer son costume rapidement. Mais qui a fait le costume du bébé ? Mystère…

Prêtes pour une nouvelle aventure !

L’année prochaine, toute l’équipe s’attaque à Aïda « on va faire des petites tenues égyptiennes super sympathiques » plaisante Clara. Pour elle et ses camarades arrive enfin l’heure -« Alléluia ! » s’écrient-elles- de se charger des solistes et elles en sont fières. Elles imaginent des maquillages et des coiffures à la Cléopâtre ; elles ressentent aussi déjà un peu la pression, puisqu’on leur a dit que, dans cet opéra, le décor est présent mais, que ce qui compte vraiment c’est les costumes ! Leur expérience de spectatrices leur a permis de constater que de loin, au Zénith, c’est leurs costumes qui permettent d’identifier les personnages. Stacy s’exclame : « On est très importantes, sans nous il n’y a pas d’opéra »... « et il n’y a pas de personnages ! » surenchérit Justine.