jeudi, 3 décembre 2020|

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Ils ont interprété Les Lettres Persannes

Comment une idée un peu folle peut mener jusqu’à l’Élysée.

LE PROJET

Découvrir, connaître et comprendre les Lettres persanes de Montesquieu.

Le style et le vocabulaire du XVIII° siècle n’ont pas été facile à lire pour ces personnes qui découvrent tout juste la culture et la langue française. Mais le thème leur a parlé : la découverte d’une ville étrangère, de ses bizarreries et aussi la nostalgie du pays...

S’inspirer de l’esprit des Lettres persanes de Montesquieu

Les primo-arrivants ont présenté la France d’aujourd’hui comme ils la voient. Ils ont aussi parlé de leur voyage qui a pu être très difficile. Iqbal explique par exemple qu’il a voyagé pendant plusieurs mois :

« En bus du Pakistan jusqu’en Iran et de l’Iran jusqu’en Turquie. Ça a duré un mois. Après la Turquie, c’est la Grèce. Le voyage se fait en bus et en train. Je suis resté deux mois en Grèce. De la Grèce, j’ai voyagé en bus et en taxi vers la Serbie. Puis, J’ai voyagé en bus jusqu’en Hongrie. J’ai voyagé en bus de la Hongrie, jusqu’en Italie. Enfin, j’ai pris le train de l’Italie jusqu’en France.  »

Création et représentation d’un spectacle à partir de ces textes.

On a demandé à certains des acteurs s’ils n’avaient pas eu trop peur d’aller sur scène. Le premier nous a dit qu’il n’avait pas eu peur du tout parce qu’avant il avait déjà fait ça dans son pays, en Arménie. Le second nous a expliqué que le spectacle s’était bien passé parce qu’ils s’étaient beaucoup entraînés.

LE PRIX DE L’AUDACE ARTISTIQUE

Patricia Du Rieu la prof à l’origine de cette aventure nous a expliqué comment elle s’est retrouvée à l’Elysée. Le projet a concouru pour le Prix de l’Audace de la Fondation Culture et Diversité, mené conjointement avec les Ministères de la Culture et de l’Éducation nationale. Il y avait 83 projets sur toute la France et il y en a quinze qui ont été pré-sélectionnés. Leurs organisateurs ont été reçus le 10 juin 2016 à l’Élysée par Jamel Debbouze & François Hollande. « On a rencontré le président de la République qui était au courant de ce que nous faisons ici. C’est important pour les élèves qui ont beaucoup travaillé pour arriver à ce résultat. »

LA REPRESENTATION

On a assisté à une représentation au musée des Beaux arts. Les acteurs ont lu chacun leur tour la lettre qu’ils avaient écrites pour un ami ou quelqu’un de leur famille. Leur façon de voir la France et Orléans nous a étonné : « On passe beaucoup de temps à l’école en France » par rapport au Brésil ou à l’Angola, « ici, à côté des voitures, il y a beaucoup de vélos », ou encore « les françaises qui se promènent dans les rues sont libres, puissantes et autonomes. » C’était surprenant et parfois très drôle. Certains étaient difficiles à comprendre à cause de leur accent. Il y avait de belles idées de mises en scène : la construction du paysage pendant qu’un élève disait son texte, l’utilisation de playmobiles et d’autres accessoires ou les lettres qui se transformaient en avion de papier pour mieux arriver à destination... Les passages musicaux étaient très réussis aussi. Dans l’ensemble, le spectacle nous a plu et après on a interrogé quelques spectateurs pour savoir ce qu’ils en avaient pensé.

LES SPECTATEURS


« J’ai trouvé ça très émouvant. C’est vraiment une belle idée. C’est très difficile pour eux de faire ce genre de chose devant tout le monde, de s’exposer avec ses difficultés et réussir à le faire et bien je dis, bravo  ! »

 

« On a adoré. C’était très beau de les voir s’exprimer comme ça sous une forme artistique. Nous les Français, on a souvent un regard assez critique sur notre pays et sur nous même et ils ont dit des choses gentilles donc c’est assez agréable et puis c’est précieux de voir qu’ils sont aussi bien intégrés. »

 

« Pour résumer on a eu la chair de poule et les larmes aux yeux. Je connais un peu le cursus de ces élèves pour être intervenue en tant que bénévole dans cette classe donc c’est avec un grand bonheur d’avoir vu ce projet aboutir. Il semblait tellement gigantesque et impossible à réaliser qu’il avait été mis de côté et de l’avoir eu sous les yeux, aujourd’hui, c’était magique, vraiment magique !! »

 

« C’était merveilleux. C’est à la fois un honneur et une joie qui me rappelle mes premiers engagements en faveur de l’enseignement. Aujourd’hui, à soixante ans passés je suis heureux d’avoir choisi ce métier. Je suis fier de ces élèves. Je suis fier de ce que peut donner l’enseignement et l’éducation et je suis fier d’être enseignant. Les mots me manquent mais tout ceux qui parlent d’émigration, d’intégration et de laïcité devraient voir ce spectacle. »

 

Ce projet a été financé par la région Centre Val de Loire grâce au dispositif Aux Arts, Lycéens et Apprentis !

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