jeudi, 3 décembre 2020|

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Opération Gaga-gum

Durant mes visites au CDI, j’ai pu constater que des papiers, des emballages de nourriture et des chewing-gums jonchaient le sol. C’est pour cela que je voulais mettre en place une action, pour sensibiliser les usagers à plus de soins. La négligence, la paresse et le manque de poubelles sont des motifs qui expliquent ces dégradations qui s’aggravent depuis 2 ou 3 ans. On peut aussi penser que c’est de la provocation : certains élèves laissent intentionnellement leurs chewing-gums sur les livres, la moquette ou même sur le dessus des tables pour envoyer un message à l’équipe qui s’occupe du CDI. Il s’agit donc d’un malaise plus profond.

En se référant à la pyramide de Maslow, ce projet de maintien en état d’un espace ouvert au public concerne les usagers et aussi les employés. Cela répond à un besoin de sécurité et de santé, car moins de déchets entrainent moins de bactéries. Avoir un CDI propre donne envie aux usagers de venir y passer du temps. Cela répond aussi au besoin d’estime, du respect des autres : en premier lieu, les autres usagers, ensuite l’équipe du CDI qui fait en sorte de rendre le lieu chaleureux et confortable et bien sûr les agents d’entretien qui le nettoient. Donc, par respect pour leur travail, les usagers ne doivent pas salir plus que nécessaire.

J’ai pris soin de faire participer des usagers à la conception des affiches et du mannequin pour qu’ils se sentent investis et participent à la prévention. Avec l’aide de Marianne de 2VF, j’ai habillé un petit mannequin de polystyrène avec un bustier en satin violet et une jupe de tulle destinée à accueillir les chewing-gums. Maëva de 1MM a fait un dessin pour illustrer les affiches. La campagne d’affichage devait aller avec le mannequin. J’ai donc recherché sur internet avec Émilie des polices très originales « girly » dans des tons mauves comme la robe. Puis on les a accrochées partout dans le CDI et le mannequin a été placé bien en vue sur le bureau. L’idée était de créer un contraste entre l’élégance du mannequin et son utilité.

la Gaga-gum dans tous ses états

Les objectifs étaient de faire prendre conscience aux usagers de l’ampleur des dégâts et de restaurer le dialogue avec eux en proposant une action de prévention humoristique. Je me suis inspirée de la campagne de sensibilisation anti fraude dans le tram "On dit ça on dit rien".

La Gaga-gum a interpellé beaucoup de visiteurs. Ils me demandaient à quoi ça servait et quand je leur expliquais, certains ont eu des réactions de dégoût : Alexis a parlé « de peste bubonique et de choléra » et Stacy, outrée, s’est écriée : « Pourquoi tu te fous de ma gueule ! ». Certains élèves faisaient un détour pour éviter la zone « contaminée » mais d’autres, profs ou élèves, sont venus déposer leur chewing-gum avec humour. Un représentant m’a même proposé de déposer un brevet. Cependant, tous les usagers n’ont pas été réceptifs à la prévention. Donc, on peut retrouver quelques chewing-gums de temps à autres. Mais, si grâce à ce projet les élèves font des efforts, cela aura un impact sur tout le lycée.

"Oublié de tous, seul et rose, absolument abandonné et conscient de sa solitude mais muet. Personne n’a pitié des chewing-gums, on trouve ça dégoûtant, collant et plein de microbes. Personne n’entend la souffrance silencieuse du chewing-gum délaissé..."

Corenblit, Rachel. Que du bonheur !. EDITIONS DU ROUERGUE, 2016. 122 p.